HISTOIRE LOCALE DE NDIADIANE

Le village de NDIADIANE se trouve dans la région de THIES à 120km de dakar dans le département de MBOUR (40km), communauté rurale de Séssene.

Les villages alentours sont :
  • LALAM à moins d 1km à l'ouest
  • SOW à moins d' 1km au sud Est
  • NDIOR à moins d'1km à l'est
  • YABO YABO à environ 6km au sud

PEUPLEMENT :

Il y a environ 1741 habitants. Différentes ethnies composent la population de ce village.
On retrouve principalement des SERERES des WOLOF et des TOUCOULEURES.
Les Sérères, bien que majoritaires, se retrouvent plutôt dans les quartiers de l'intérieur comme Keur Coly, Niéman, mais aussi au quartier des mourites au nord-Est de NDIADIANE.
Les sérères sont les 1er à occuper le village, ensuite les wolof, enfin les toucouleurs. Pour tous les immigrants, la recherche de la terre à cultiver a été le principal moteur.

ACTIVITES :

La population est majoritairement paysane. Un marché hebdomadaire se tient pour permettre aux villageois de vendre et d'acheter des produits de leur recolte.


ECOLE :

Depuis sa création en janvier 1984, l'école de Ndiadiane acceuille les éléves du village et des villages alentours.
Taux de féquentation : 97,01% de garçons, 96,6% de filles
Taux d'abandon : 1,40% pour les garçons (occasionné par les travaux champêtres)


CULTURE ET TRADITION :

Par rapport aux autres ethnies sénégalaises, la société sérère se distingue par son originalité, à la manière des Diolas. Les hommes sérères étaient bardés de talismans et portaient le chapeau conique.

Pendant la période des labeurs, ils s'habillent avec des habits sobres pouvant aller jusqu'aux haillons. Leurs habits de fête restent le tiawali (pagne tissé) qu'ils partagent avec les peuls.

Les hommes sérères portaient autrefois les cheveux tressés, des coiffures totémiques liées au totem de chaque clans.

Durant la période qui précédait la circoncision, les jeunes garçons portaient le ndjumbal, une coiffure de tresses que les peuls arboraient également. L'expansion de l'Islam a fait disparaître ces pratiques à la première moitié du XXe siècle.

Les femmes étaient vêtues d'un pagne et d'un boubou bleu indigo à rayures noires, ainsi qu'un foulard noué sur la tête de façon artistique, le Moussor, avec des coiffures complexes. Elles se paraient de différents bijoux d'or ou d'argent, ainsi que de pièces de monnaie qu'elles attachaient à leurs cheveux, comme le font aussi les femmes peuls.

Elles avaient également des anneaux d'or ou d'argent aux chevilles. Elles avaient les lèvres et les gencives tatouées. Ce sont les femmes peuls Laobés qui pratiquaient le tatouage aux jeunes femmes sérères vers l'âge de 15 ans. Le jour de repos chez les sérères est le lundi, certaines activités culturales sont prohibées le jeudi.

Les cases sérères sont rondes ou carrées et très spacieuses.

Chez les Séreres, les cérémonies traditionnelles sont nombreuses:

  • Le Ndut, célébration de la circoncision des garçons
  • Le mariage qui comprend le ndut des femmes
  • Le Mboye, les funérailles
  • Le Khoy, est la cérémonie annuaire des grands maîtres spirituels (Saltigué)
  • Les cérémonies de lutte, où plusieurs lutteurs se réunissent

Il faut compter aussi :

Les fêtes musulmanes :
Les fêtes chrétiennes :

Les Sérères sont à l'origine de la lutte sénégalaise.


LANGUE : Sésère

Le sérère est une langue qui a des liens avec la langue peule et la langue wolof. Il existe plusieurs dialectes sérères, tels que :
  • le sérère noon
  • le léhar (ou laala)
  • le safen (ou saafi)
  • le ndut

PATRONYMES :

Quelques patronymes sérères typiques :

Diouf, Ngom, Faye, Sène, Sarr, Senghor, Ndour, Dione ou Diome, Bop, Dior, Diong, Ndong, Loum, Tine, Diene, Pouye, Marone, Gningue, Thiandoum, Diokh, Thiaw, Gadio, Seck, Dieye, Thioub.

Le nom Bakhoum est une déformation du nom Bocoum, d'origine peule.

Avec les brassages ethniques, les Sérères peuvent porter bien d'autres noms. Les Sérères étant parmi les ancêtres des Lébous, beaucoup de ceux-ci portent des noms Sérères.

Les Sérères Niominka portent souvent des patronymes mandingues, comme les Guelwar.


RELIGION :

Les Sérères croient en un Dieu créateur, Rog ou Rog Sene, dont ils bénissent les créations en faisant des offrandes aux pieds des arbres, aux fleuves, à la mer, etc.

Pour les Sérères, les prières sont surtout adressées aux ancêtres appelés Pangol, car ils sont les intermédiaires entre le monde des vivants et le divin.

En effet, pour le sérère resté fidèle à la spiritualité ancestrale, l'âme des ancêtres sanctifiés reste en interactions avec les vivants, depuis leurs demeures divines.
Les Pangol sont soit des personnages ayant marqué l'histoire du peuple, un roi/reine, ou chef de village disparu, que toute la communauté célèbre, en rapport avec sa vie exemplaire sur terre et en parfaite adéquation avec les recommandations divines.

On rend hommage aux ancêtres par des prières mais aussi par des sacrifices, des chants, festivités, etc.
Contrairement à la religion chrétienne ou musulmane, pour les religions africaines, Dieu est considéré comme trop élevé pour que des prières directes lui soient adressées, d'où le rôle des ancêtres.

Pour la spiritualité africaine, si Dieu est la source vitale incorruptible à laquelle tous les sanctifiés reviendront pour une paix éternelle, il ne se mêle pas des affaires humaines.
C'est à l'homme, ayant le libre arbitre de chercher la reconnaissance divine, la sanctification, par une attitude en conformité avec les recommandations divines, plutôt que Dieu qui décide des péripéties et vicissitudes, de sa vie.

Dans les religions africaines, la croyance en l'immortalité de l'âme et en la réincarnation est très forte. Les esprits (djin) et les anges maleïka) font partie de ceux qui peuplent le monde invisible.

Il y a aussi le totéisme Diouf qui a pour totem l'antilope. Toute brutalité envers cet animal sera interdite. Ce respect leur assure une sorte de protection sacrée.
La spiritualité sérère est très marquée par l'ésotérisme. Pour devenir chef spirituel (Saltigué), l'initiation est une obligation.

Les hommes comme les femmes peuvent être initiés. Le Khoy, évènement religieux réunissant les grands initiés Saltigué, consiste en une cérémonie annuaire, dont la durée est généralement de plusieurs jours.
Les initiés, qui sont devins et guérisseurs, livrent leurs prédications à la société, en ce qui concernent les phénomènes météorologiques à venir, la politique, l'économique, etc.

Aujourd'hui beaucoup de sérères sont chrétiens ou musulmans, mais beaucoup d'entre-eux continuent en parallèle la pratique de la religion ancestrale, ou intègrent à leur christianisme ou islam, des croyances traditionnelles, car bon nombre de rites ancestraux et croyances ont été interdits par l'Islam et le Christianisme.

Au Sénégal, cette forme de syncrétisme, est aussi observable chez les Diolas. Malgré l'Islam et le Christianisme, on trouve chez les Sérères, comme chez beaucoup de peuples d'Afrique, une tradition africaine très ancrée dans la vie de tous les jours.

Le mode d'ensevelissement sous tumulus est un mode traditionnel de sépulture chez les Sérères.


PERSONNALITES SERERES :

Parmi les personnalités d'origine sérère, on relève notamment les noms d'hommes politiques : Blaise Diagne, Galandou Diouf, premier élu africain depuis le début de la colonisation.

Il représente la commune de Rufisque (Teunggèdj) au Conseil général de Ndar, capitale de l'Afrique francophone, Léopold Sédar Senghor (premier président du Sénégal), Abdou Diouf (de père sérère) le deuxième président du Sénégal et secrétaire général de l'Organisation Internationale de la Francophonie ainsi qu'un champion de lutte sénégalaise, Robert Diouf ou la réalisatrice Safi Faye qui consacra à son village natal Fadial à la fois un travail universitaire et un long métrage.

Yandé Codou Sene, griotte de Senghor (de père sérère) qui est le premier député africain élu à l'Assemblée Nationale française.